
Dossier · 02 · Expérimenter
Expérimenter · atelier d'écriture · 25 min · cinq pages de carnet
Écrire ce que l'on n'arrive plus à porter
« Écrire ne remplace pas la traversée. Cela lui donne un endroit où se poser. »
Prenez un carnet, ou une feuille — peu importe. Donnez-vous vingt à trente minutes. Les cinq séquences peuvent se faire d'une traite ou sur plusieurs jours.
Déposer
Ce que j'ai perdu
Écrivez, sans hiérarchie, ce qui a disparu avec cette séparation — un lieu, une habitude, un futur, une manière de se dire « nous ».
Chaque perte a le droit d'exister ici, même la plus petite.
Reconnaître
Ce que je continue à porter
Certaines choses ne se sont pas terminées avec la rupture. Notez-les, sans les commenter.
Le simple fait de nommer allège déjà, un peu.
Alléger
Ce que je voudrais déposer
Dans ce que vous portez, qu'est-ce qui ne vous appartient plus ? Qu'aimeriez-vous laisser derrière ?
Déposer n'est pas oublier. C'est cesser de porter à la place d'un autre.
Écouter
Ce qui reste vivant en moi
Malgré la séparation, quelque chose en vous continue. Écrivez ce qui, encore, respire.
Même une seule chose fait déjà repère.
S'orienter
La première pierre de mon prochain rivage
Quel serait le tout premier geste de la suite ? Une chose petite et concrète, à poser cette semaine.
Une pierre suffit pour marquer une côte.
Variante
Une pratique courte, si l'écriture longue est difficile
Installez-vous quelques instants. Fermez les yeux si vous le pouvez.
Inspirez lentement par le nez, en comptant jusqu'à quatre. Expirez par la bouche, en comptant jusqu'à six.
À chaque expiration, imaginez que vous ne cherchez rien à remplir. Vous laissez seulement de la place.
Terminez par une main posée sur votre poitrine, et une phrase simple : « Je suis là, pour l'instant, et cela suffit. »