Voie d’Elle
Lanterne allumée posée sur un rivage calme face à la mer

Les Voix de Voie d’Elle

Témoignage · 4 min

« J’ai posé le carnet et j’ai enfin pu respirer. »

« Elle ne cherchait pas encore une décision. Elle avait d’abord besoin que ce qu’elle portait cesse de rester uniquement à l’intérieur. »

Ce témoignage est partagé de manière anonyme. Certains détails ont été légèrement adaptés afin de préserver la confidentialité, sans modifier le sens de l’expérience vécue.

Elle pensait devoir trouver une réponse

Lorsqu'elle a ouvert le carnet pour la première fois, elle pensait devoir trouver une réponse. Choisir. Trancher. Comprendre ce qu'elle devait faire de sa vie professionnelle, de son couple, ou de la fatigue qui ne la quittait plus depuis des mois.

Elle attendait du carnet qu'il l'aide à décider. Elle a compris, quelques pages plus tard, qu'il ne lui demandait pas cela.

« J'avais besoin que quelque chose s'arrête, mais je ne savais même pas quoi. »

La première phrase a été difficile

Elle a mis longtemps à écrire la première phrase. Non pas parce qu'elle ne savait pas quoi dire, mais parce qu'elle n'avait plus l'habitude de dire quoi que ce soit à elle-même sans le trier immédiatement.

Elle a fini par écrire, sans chercher à faire une belle phrase :

« Je suis fatiguée de devoir toujours savoir quoi faire. »

Elle raconte que voir cette phrase apparaître, écrite de sa main, lui a fait un effet qu'elle n'attendait pas. Rien de spectaculaire. Juste un léger relâchement dans les épaules.

Elle a découvert qu'elle n'était pas perdue partout

Au fil des pages, elle a remarqué quelque chose qu'elle ne s'attendait pas à découvrir : elle n'était pas confuse sur tout. Certaines choses étaient claires depuis longtemps — mais elle ne s'était jamais autorisée à les regarder tranquillement.

Ce qui lui pesait ne venait pas d'un manque de lucidité. Cela venait de la place que prenaient, dans sa tête, les besoins et les urgences des autres.

« Je suis fatiguée d'être celle qui tient quand les autres ne tiennent plus. »

Elle a compris qu'elle ne cherchait pas nécessairement à changer de vie. Elle cherchait à retrouver un peu d'espace à l'intérieur.

Le carnet n'a pas décidé à sa place

Le carnet ne lui a pas donné de plan. Il ne lui a pas indiqué ce qu'elle devait quitter, ni ce qu'elle devait poursuivre. Il ne lui a pas promis une transformation en quelques jours.

Ce qu'il a fait, dit-elle, c'est plus discret et plus utile : il lui a offert un endroit où déposer ce qu'elle portait, sans qu'aucune réponse n'ait besoin de venir tout de suite.

Parfois, la première respiration revient lorsque nous cessons de chercher immédiatement la solution et que nous nommons enfin ce qui pèse.

Ce qu'elle a ressenti en refermant le carnet

Lorsqu'elle a refermé le carnet, elle n'avait pas pris de grande décision. Aucun changement extérieur n'était en place. Elle n'avait envoyé aucun message, quitté aucun poste, mis aucun terme à quoi que ce soit.

Et pourtant, elle a écrit — après coup — que quelque chose s'était desserré. Comme si une partie de ce qu'elle portait était sortie de sa poitrine pour se poser un instant à côté d'elle, sur la table.

« Je ne veux pas forcément partir. Je veux arrêter de porter tout cela seule. »

C'est cette phrase, dit-elle, qui a été la première vraie respiration depuis longtemps.

Respirer n'a pas tout réglé

Elle tient à le préciser : refermer ce carnet n'a pas rendu sa vie plus simple. Le lendemain, les mêmes obligations étaient là. Les mêmes proches. La même fatigue de fond.

Mais quelque chose avait changé dans la manière dont elle regardait sa propre situation. Elle ne se voyait plus comme quelqu'un d'incapable de choisir. Elle se voyait comme quelqu'un qui avait, pendant longtemps, écouté beaucoup de voix — sauf la sienne.

« Je ne suis peut-être pas incapable de décider. Je suis peut-être simplement trop pleine pour m'entendre. »

À partir de ce moment-là, elle a commencé — doucement — à poser quelques limites. Pas toutes en même temps. Pas de manière spectaculaire. Simplement là où c'était devenu impossible de continuer sans se perdre.

Ce que son témoignage rappelle

Ce récit ne dit pas qu'un carnet suffit. Il ne prétend pas remplacer un accompagnement, une thérapie ou une conversation avec quelqu'un de confiance.

Il rappelle quelque chose de plus modeste, mais essentiel : parfois, avant de savoir quoi faire, nous avons besoin de savoir ce que nous portons. Et pour cela, il faut un endroit où le déposer.

Un carnet ne change pas toujours notre vie en une soirée. Il peut cependant modifier l'endroit depuis lequel nous allons commencer à la regarder.

Elle n'a pas trouvé de réponse ce soir-là. Elle a trouvé un peu de silence. Et c'est ce silence, dit-elle, qui a rendu tout le reste possible.

Une page de carnet

Et vous, qu’est-ce qui prend trop de place aujourd’hui ?

Prenez quelques minutes pour compléter ces phrases.

  1. 01

    Ce que je porte presque toujours seule

  2. 02

    Ce qui m'épuise sans être toujours visible

  3. 03

    Ce que je n'ai plus envie de continuer à absorber

  4. 04

    La limite que je pourrais poser sans attendre d'être au bord de l'épuisement

  5. 05

    Ce qui m'aiderait à respirer un peu plus librement cette semaine

Première Escale

Vous aussi, vous avez peut-être besoin de déposer avant de décider

La Première Escale est un carnet numérique offert pour ralentir, mettre des mots sur ce qui se passe et retrouver un premier point d’appui.

Vous n’avez pas besoin d’avoir déjà la réponse.

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