Nous avons appris à reconnaître les crises visibles.
Une rupture. Une maladie. Une perte d'emploi. Un déménagement.
Mais beaucoup de transitions ne disposent d'aucun rituel, d'aucun calendrier et parfois même d'aucun mot.
Nous pouvons changer profondément sans que notre entourage ne le voie.
Nous pouvons ne plus nous reconnaître dans notre vie tout en continuant à l'habiter.
Nous pouvons être épuisés par une question que personne ne nous pose.
Alors nous continuons.
Parce qu'il n'existe aucune raison officielle de nous arrêter. Parce que nous pensons devoir être reconnaissants. Parce que d'autres vivent des épreuves qui semblent plus graves. Parce que nous ne savons pas expliquer ce qui ne va pas.
Cette absence de légitimité ajoute encore de la fatigue.
Nous portons le passage. Puis nous portons le jugement que nous posons sur notre manière de le vivre.